« Le Maroc ambitionne de devenir un acteur majeur de l’hydrogène vert en Afrique et un partenaire énergétique stratégique pour l’Europe. Porté par ses ressources solaires et éoliennes, sa proximité géographique avec les marchés européens et sa politique de développement des énergies renouvelables, le Royaume entend construire une nouvelle filière industrielle susceptible de transformer durablement son économie.

Pour les groupes industriels européens, les investisseurs énergétiques, les sociétés d’ingénierie et les entreprises spécialisées dans les infrastructures, l’hydrogène vert au Maroc représente un marché potentiel de développement, d’implantation industrielle et de recrutement de compétences techniques et managériales.

Cette transformation soulève une question essentielle pour les directions des ressources humaines : comment identifier, recruter et fidéliser les ingénieurs, directeurs de projets, responsables industriels et experts techniques capables de concevoir, construire et exploiter les futures installations de production d’hydrogène vert ?

Phénicia Conseil, cabinet de recrutement international spécialisé dans la recherche de cadres, dirigeants et ingénieurs, accompagne les entreprises dans leurs stratégies de recrutement au Maroc et en Afrique. À travers sa filiale Phéniciafrica, implantée à Casablanca, le cabinet intervient auprès des groupes internationaux confrontés aux enjeux de disponibilité des compétences, de management interculturel et de développement industriel. »

 

  1. Le Maroc, futur acteur de l’hydrogène vert

Le développement de l’hydrogène vert s’inscrit dans une évolution profonde des politiques énergétiques mondiales. Les entreprises industrielles cherchent à réduire leurs émissions de carbone, à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à développer des alternatives aux combustibles fossiles dans les activités difficiles à électrifier directement.

L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable, notamment solaire et éolienne. Il peut être utilisé dans certains procédés industriels ou transformé en produits dérivés, comme l’ammoniac vert et les carburants de synthèse.

Le Maroc dispose de plusieurs atouts structurels pour développer cette filière. Son potentiel solaire, ses ressources éoliennes, ses façades maritimes et ses infrastructures portuaires constituent des avantages pour accueillir de futurs projets énergétiques.

La proximité avec l’Europe représente également un facteur déterminant. Les industriels européens recherchent des solutions de décarbonation et de diversification énergétique, tandis que le Maroc souhaite renforcer son intégration aux chaînes de valeur internationales.

Toutefois, l’émergence de cette filière dépendra de plusieurs conditions : la compétitivité des coûts de production, la disponibilité des ressources en eau, le financement des infrastructures, la conclusion de contrats d’achat à long terme et la mise en place de dispositifs réglementaires adaptés.

Pour les entreprises européennes, l’enjeu consiste donc à anticiper les possibilités industrielles tout en évaluant avec précision la maturité économique des projets.

 

  1. Des investissements industriels majeurs

Le Maroc a franchi une étape importante avec le lancement, en mars 2024, de l’« Offre Maroc » pour l’hydrogène vert. Ce dispositif vise à accompagner les investisseurs nationaux et internationaux dans le développement de projets intégrés, depuis la production d’électricité renouvelable jusqu’à la fabrication d’hydrogène et de ses dérivés.

L’offre prévoit notamment des mécanismes d’accès au foncier, des infrastructures mutualisées, des dispositifs incitatifs et un accompagnement institutionnel des projets. L’Agence marocaine pour l’énergie durable, MASEN, joue un rôle central dans leur coordination.

En mars 2025, cinq investisseurs ou consortiums ont été sélectionnés pour développer six projets représentant 319 milliards de dirhams d’investissements annoncés, soit approximativement 30 milliards d’euros. Ces montants correspondent à des projets envisagés et non à des dépenses déjà réalisées. 

Les investisseurs internationaux s’intéressent à plusieurs segments de la filière : production d’hydrogène, ammoniac vert, carburants de synthèse, acier bas carbone, infrastructures électriques et installations de dessalement.

Pour les groupes européens, cette dynamique peut ouvrir des perspectives dans les équipements industriels, la construction d’unités de production, les services d’ingénierie, l’automatisation, la maintenance et l’exploitation.

Domaine industriel Perspectives de développement Poids RH estimé /10
Production d’hydrogène vert Électrolyseurs et unités industrielles 10
Énergies renouvelables Centrales solaires et parcs éoliens 9
Ammoniac vert Chimie industrielle et fertilisants 9
Dessalement de l’eau Traitement et infrastructures hydrauliques 9
Construction industrielle Génie civil et installations techniques 9
Transport et stockage Logistique, sécurité et infrastructures 8
Maintenance industrielle Fiabilité et disponibilité des équipements 10
Automatismes industriels Instrumentation et contrôle-commande 9

Les coefficients représentent une estimation qualitative de l’importance des besoins en compétences, et non des statistiques officielles de recrutement.

 

  1. Les groupes européens au cœur des projets

La coopération industrielle entre le Maroc et l’Europe constitue l’un des facteurs structurants du développement de l’hydrogène vert.

Les entreprises françaises, espagnoles, allemandes et danoises disposent de compétences dans les énergies renouvelables, l’ingénierie, les procédés chimiques, les équipements électriques et la construction de grandes installations industrielles.

Plusieurs initiatives illustrent cette convergence.

Le consortium associant TotalEnergies, Copenhagen Infrastructure Partners et A.P. Moller Capital intervient dans le développement du projet Chbika 1. En septembre 2025, les autorités marocaines ont annoncé l’achèvement de sa phase préliminaire et le passage à des études avancées. 

Le partenariat entre OCP et ENGIE participe également aux initiatives de décarbonation industrielle et de développement de l’hydrogène vert.

En février 2026, TAQA Morocco et Moeve ont annoncé un accord préliminaire de réservation foncière concernant un projet de production d’ammoniac vert et de carburants industriels, avec une composante renouvelable dans la région de Dakhla et des activités liées aux carburants de synthèse à Jorf Lasfar. Le projet se trouve au stade des études de faisabilité. 

Ces partenariats démontrent que la filière marocaine ne repose pas uniquement sur des objectifs énergétiques. Elle s’inscrit dans une logique de coopération industrielle internationale associant développeurs de projets, équipementiers, investisseurs, sociétés d’ingénierie et entreprises de services.

Pour les directions des ressources humaines, cette évolution implique d’anticiper la constitution d’équipes capables de travailler dans des organisations multiculturelles, avec des standards techniques et opérationnels internationaux.

 

  1. Quels recrutements pour l’hydrogène vert ?

La construction d’une filière hydrogène nécessite des compétences particulièrement diversifiées. Contrairement à certaines activités industrielles traditionnelles, les projets d’hydrogène vert associent plusieurs spécialités techniques au sein d’une même infrastructure.

Un projet peut mobiliser simultanément des ingénieurs en électricité, des spécialistes des procédés chimiques, des experts en traitement de l’eau, des responsables de maintenance, des ingénieurs en automatisme et des cadres chargés de la coordination des travaux.

Les recrutements interviennent à différentes étapes du développement industriel.

Pendant les études de faisabilité, les entreprises recherchent principalement des experts techniques, des chefs de projet, des spécialistes des coûts et des responsables du développement.

Durant la construction, les besoins se concentrent sur les ingénieurs travaux, les responsables HSE, les directeurs de chantier et les spécialistes du commissioning.

Lorsque les installations entrent en exploitation, les entreprises doivent recruter des directeurs de site, des responsables de production, des responsables maintenance et des équipes techniques permanentes.

Fonction recherchée Compétences prioritaires Poids stratégique /10
Directeur de projet hydrogène Pilotage industriel, budgets, contrats 10
Directeur de site industriel Exploitation, management, performance 10
Ingénieur procédés Électrolyse, chimie, thermodynamique 10
Responsable maintenance Fiabilité, maintenance préventive 10
Ingénieur électricité Haute tension, distribution, conversion 9
Responsable HSE Risques industriels, sécurité des procédés 10
Ingénieur automatisme PLC, SCADA, instrumentation 9
Responsable construction Coordination travaux et sous-traitants 9
Responsable Supply Chain Achats techniques, logistique internationale 8
Directeur des ressources humaines Recrutement, formation, fidélisation 9

Évaluation indicative de l’importance des fonctions dans les projets industriels d’hydrogène vert.

Ces métiers ne sont pas tous nouveaux. Beaucoup existent déjà dans les secteurs du raffinage, de la pétrochimie, de l’énergie, de la chimie et de la maintenance industrielle.

L’enjeu pour les recruteurs consiste à identifier les compétences transférables vers l’hydrogène vert, puis à mesurer les besoins de formation complémentaires.

 

  1. Les compétences issues du raffinage et de la pétrochimie

L’une des particularités du recrutement dans l’hydrogène vert réside dans la possibilité de mobiliser des professionnels issus d’autres secteurs industriels.

Les ingénieurs ayant travaillé dans les raffineries, les complexes pétrochimiques, les installations gazières ou les centrales énergétiques possèdent souvent des compétences directement valorisables.

Ils connaissent les contraintes d’exploitation des installations industrielles, les procédures de sécurité, la maintenance des équipements critiques et les exigences de continuité de production.

Un Directeur de site ayant dirigé une unité pétrochimique peut ainsi disposer d’une expérience pertinente pour superviser certaines activités d’une future installation d’hydrogène vert, sous réserve d’acquérir les connaissances spécifiques aux technologies concernées.

De même, un ingénieur maintenance spécialisé dans les équipements rotatifs, les compresseurs, les pompes et les systèmes de contrôle-commande peut présenter une réelle valeur ajoutée.

Cette approche permet d’élargir les viviers de recrutement au-delà des seuls professionnels possédant une expérience directe dans l’hydrogène.

Pour Phénicia Conseil, cette transversalité des compétences constitue un élément central de l’évaluation des candidats. Un recrutement efficace ne consiste pas uniquement à rechercher une expérience sectorielle identique, mais à identifier les compétences techniques et managériales pouvant être transférées dans un nouvel environnement industriel.

 

  1. Le défi des compétences au Maroc

Le développement de l’hydrogène vert pose une question majeure : le marché marocain de l’emploi pourra-t-il répondre à la diversité des besoins techniques générés par les futurs investissements ?

Le Maroc dispose d’écoles d’ingénieurs, d’universités et d’établissements de formation technique qui alimentent déjà les secteurs automobile, aéronautique, énergétique et industriel.

Cependant, certaines spécialités directement liées à l’hydrogène vert demeurent émergentes.

Les compétences en électrolyse industrielle, sécurité de l’hydrogène, stockage, procédés de synthèse et intégration des systèmes énergétiques nécessitent des formations spécifiques.

L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) identifie d’ailleurs la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée parmi les conditions essentielles au développement de la filière en Afrique du Nord. 

Les entreprises devront donc combiner plusieurs stratégies : recrutement local, formation technique, mobilité internationale, transfert de compétences et accompagnement des managers.

La concurrence pour attirer les meilleurs profils pourrait s’intensifier si plusieurs projets industriels entrent simultanément en phase de construction ou d’exploitation.

Les directions des ressources humaines auront intérêt à anticiper les recrutements plutôt qu’à attendre le démarrage opérationnel des installations.

 

  1. Les régions industrielles concernées

La filière hydrogène vert pourrait contribuer à modifier progressivement la géographie industrielle du Maroc.

Les projets annoncés concernent notamment les régions méridionales, en raison de leurs ressources renouvelables et de leurs disponibilités foncières. Les autorités marocaines identifient notamment Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab dans leurs programmes d’investissement. Certaines zones se trouvent dans le Sahara occidental, territoire dont le statut demeure contesté sur le plan international. 

D’autres territoires disposent d’atouts complémentaires grâce à leurs infrastructures portuaires, leurs complexes industriels et leurs réseaux logistiques.

Territoire Atouts industriels Besoins RH potentiels
Casablanca Sièges, ingénierie, services industriels Direction, finance, RH, ingénierie
Jorf Lasfar Chimie, industrie et infrastructures portuaires Procédés, maintenance, production
Safi Industrie chimique et activités portuaires Ingénieurs, HSE, exploitation
Guelmim-Oued Noun Potentiel renouvelable et projets annoncés Construction, énergie, maintenance
Laâyoune-Sakia El Hamra Ressources éoliennes et solaires Gestion de projets, électricité
Dakhla-Oued Eddahab Projets énergétiques et infrastructures envisagées Direction de projet, génie civil, HSE
Rabat Institutions, ingénierie et fonctions de coordination Direction, développement, gestion de projets

Cette répartition géographique implique une réflexion sur la mobilité des cadres, les conditions d’expatriation, les dispositifs de logement et la fidélisation des collaborateurs dans des zones parfois éloignées des principaux bassins d’emploi.

Les entreprises devront également adapter leurs politiques de recrutement aux réalités locales et aux exigences de leurs partenaires internationaux.

 

  1. Recruter localement ou à l’international ?

Pour les groupes européens qui envisagent une implantation industrielle au Maroc, la question du recrutement local ou international est particulièrement importante.

Le recrutement de cadres marocains présente plusieurs avantages. Ces professionnels connaissent l’environnement économique national, les pratiques de management locales, les réalités administratives et les attentes des collaborateurs.

De nombreux ingénieurs marocains possèdent également une expérience acquise au sein de filiales de multinationales ou à l’étranger.

Parallèlement, certains projets nécessiteront l’intervention temporaire d’experts internationaux capables d’apporter des compétences spécifiques dans les technologies de production, les procédés industriels ou la mise en service d’installations complexes.

La stratégie la plus pertinente repose souvent sur une combinaison de compétences locales et internationales.

Un Directeur de projet expatrié peut accompagner les premières phases d’implantation, tandis qu’un Directeur des opérations marocain prépare progressivement la prise en charge de l’exploitation.

Cette organisation favorise le transfert de savoir-faire, la montée en compétences des équipes et la pérennité du projet.

Pour les DRH européens, la réussite dépendra également de la capacité à évaluer les compétences interculturelles des candidats.

Un ingénieur techniquement performant ne sera pas nécessairement capable de diriger une équipe multiculturelle, de coordonner des sous-traitants internationaux ou de s’adapter à des méthodes de management différentes.

L’évaluation doit donc porter sur les réalisations professionnelles, les capacités relationnelles, l’autonomie, la communication et l’aptitude à évoluer dans un environnement industriel international.

 

  1. Anticiper les besoins RH à l’horizon 2030

Le développement de l’hydrogène vert au Maroc s’inscrit dans une perspective de moyen et long terme.

Les projets annoncés nécessiteront des investissements considérables, des infrastructures adaptées et des engagements commerciaux solides avant de pouvoir entrer en exploitation.

Les besoins de recrutement dépendront donc de la progression effective des projets, de leur financement et de leurs calendriers industriels.

Néanmoins, les entreprises peuvent dès maintenant identifier les compétences stratégiques nécessaires à leur développement.

Phase du projet Recrutements prioritaires Horizon RH
Études et faisabilité Directeurs de développement, ingénieurs procédés Préparation
Ingénierie détaillée Chefs de projet, experts techniques, achats Structuration
Construction Directeurs travaux, ingénieurs, HSE Mobilisation importante
Mise en service Commissioning managers, automatismes, maintenance Spécialisation
Exploitation Directeurs de site, production, maintenance Emplois durables
Développement industriel DRH, responsables formation, directeurs industriels Consolidation

Les entreprises qui souhaitent sécuriser leurs futurs recrutements devront construire des viviers de candidats, développer des partenariats avec les établissements de formation et mettre en place des politiques de fidélisation adaptées.

Il sera également nécessaire d’anticiper les tensions salariales sur certaines compétences rares.

La rémunération ne constituera pas le seul critère d’attractivité. Les perspectives de carrière, la qualité du management, les possibilités de formation et les conditions de travail joueront un rôle important.

 

  1. Phénicia Conseil accompagne les industriels européens au Maroc

Le développement de l’hydrogène vert illustre une évolution plus large du marché marocain : la montée en puissance d’activités industrielles exigeant des compétences techniques spécialisées et des capacités de management international.

Pour les groupes européens, la réussite d’un investissement industriel ne dépend pas uniquement de la qualité des infrastructures ou des technologies retenues. Elle repose également sur la capacité à constituer des équipes compétentes, stables et adaptées aux réalités du terrain.

Phénicia Conseil accompagne depuis plus de vingt ans les entreprises dans leurs recrutements de cadres, dirigeants et experts techniques à l’international.

À travers Phéniciafrica, sa filiale implantée à Casablanca, le cabinet dispose d’un ancrage au Maroc lui permettant d’accompagner les entreprises marocaines et les groupes internationaux dans leurs projets de développement.

Son expertise couvre notamment le recrutement de Directeurs industriels, Directeurs de site, Directeurs de projet, Responsables maintenance, ingénieurs spécialisés, Responsables HSE et cadres dirigeants.

Cette expérience multisectorielle constitue un avantage pour identifier des candidats issus de l’énergie, du raffinage, de la pétrochimie, de la construction industrielle et des infrastructures.

L’approche de Phénicia Conseil repose sur une analyse approfondie des parcours professionnels, une évaluation factuelle des compétences et une attention particulière à l’adaptabilité interculturelle.

Le cabinet accompagne également ses clients dans la compréhension des marchés locaux de l’emploi et dans l’intégration des collaborateurs recrutés.

Pour les entreprises européennes qui préparent une implantation au Maroc, cette connaissance du terrain permet d’aborder les recrutements avec une vision à la fois technique, humaine et stratégique.

Conclusion : l’hydrogène vert, un nouveau défi industriel et humain

L’hydrogène vert pourrait devenir l’un des nouveaux moteurs de la transformation industrielle du Maroc.

Les investissements annoncés, les partenariats internationaux et les ambitions énergétiques du Royaume ouvrent des perspectives pour les entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables, la chimie, les équipements industriels, l’ingénierie et la maintenance.

Cependant, le développement de cette filière ne pourra se concrétiser sans une stratégie ambitieuse de formation, de recrutement et de développement des compétences.

Pour les DRH et dirigeants européens, anticiper les besoins humains représente une étape essentielle dans la préparation des futurs projets industriels.

Phénicia Conseil et Phéniciafrica entendent accompagner cette transformation en mettant leur expertise du recrutement international, leur connaissance du marché marocain et leur approche interculturelle au service des entreprises qui construisent l’industrie énergétique de demain.